Omiyage
A chaque fois qu'un Japonais part en voyage, il se doit de ramener un petit souvenir
(omiyage) à toutes ses connaissances: la famille, les amis, les collègues...
Ca n'a pas besoin d'être cher, mais doit montrer que l'on a pensé à
ceux qui sont restés au pays.
Mais évidemment cette sympatique tradition est devenue partie
intégrante de l'étiquette et il est donc très
impoli de revenir les mais vides. Surtout il ne faut jamais oublier son chef,
qui a autorisé le voyage ou a accordé les vacances.
Car quand bien même le droit aux vacances est stipulé
sur les contrats de travail japonais, il faut généralement
être très gentil avec le chef pour y avoir droit.
Ainsi, la tradition veut que chaque membre du labo de Céline ramène
toujours une boîte de chocolats ou pâtisseries de voyage. Céline
n'y coupe pas et court chaque duty-free à la recherche de l'omiyage parfait.
Moi, heureusement, dans mon laboratoire international, je suis exempté.
Pour éviter de devoir passer son dernier jour de vacances à
la chasse aux souvenirs, il y a heureusement une solution: les
catalogues de vente par correspondance.
Ainsi, dans ses avions à destination
du Japon, British Airways met à disposition
de ceux qui n'auraient pas encore pu se fournir
sur place, un catalogue (uniquement en japonais) de souvenirs
de Grande Bretagne.
Même l'agence de voyage par laquelle le KEK achète les
billets d'avion fournit un petit catalogue de vente par correspondance.
Comme je suis parti en Suisse, j'ai reçu celui de l'Europe, dans lequel on
trouve des souvenirs typiques d'un choix de pays européens.
Ceux qui méritent le plus de pages sont la France et l'Italie.
Pour la Suisse, on trouve la boille à lait remplie au choix de boules Lindor pour 8000¥ (Fr 90.-)
ou de biscuits du Toggenbourg estampillés "Heidi"
à 7200¥ (Fr 80.-).
Plus classique, les
six six-pack de Toblerone à 6000¥ (Fr 65.-). Evidemment on a aussi
droit au couteau suisse Victorinox, mais toujours la version petite: le port de couteau
est interdit au Japon! Ou alors le set de trois petites clochettes (pourquoi trois?).
Dans ce pays où il est courant d'amener
une pastèque de luxe en guise de fleurs lorsqu'on est invité chez des amis,
l'omiyage peut prendre n'importe quelle forme.
Par exemple:
- France: Un médaillon à l'effigie de Napoléon, 700¥ (Fr. 8.-).
- Italie: Dix paquets de spagghetti pour 9300¥ (Fr 105.-).
- Espagne: Le paella-set. Un sachet de paella toute faite (180g)
et une poêle à
paella. Et après, on jette la poêle? 2800¥ (Fr 30.-),
ça fait cher le gramme de paella.
- Allemagne: Six boîtes de saucisses de Francfort à 5400¥ (Fr 60.-).
Bonjour chef, je vous ai ramené une boîte de wienerli
de mes vacances...
On s'étonnera du fait que la Belgique, dont les chocolats sont très
appréciés ici, n'ait droit qu'à une demi-page en compagnie
du Moyen-Orient. L'Afrique, qui n'a pas son propre catalogue, a aussi droit à une page.
Il y a une section spéciale pour les vins. Et comme le Japonais moyen
n'y connaît pas grand chose, les techniques de vente sont fort différentes
des nôtres: Ainsi on trouve une cuvée "Matterhorn" et une série
de bordeaux "le putt", "le drive" et le "bunker", sans doute avec un
arrière-goût sabloneux...
On peut aussi acheter le tire-bouchon. Il y a même un mode d'emploi illustré!
Pour commander, c'est très simple: il suffit de téléphoner
(ou visiter le site web)
avant ses vacances, la livraison arrivera le jour du retour. Ainsi on s'évite
le besoin de trimballer tout ses achats dans les aéroports.
Et si l'on a oublié de commander, il suffit de passer dans l'une des boutiques
des aéroports de Narita ou Ōsaka pour acheter des souvenirs du monde entier.
Partir en vacances puis acheter les souvenirs une fois rentré au pays, le rêve!
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